Les tontons flingueur
Il y a quelques mois, Than Shwe, le président Birman faisait appel à un cabinet de conseil en communication américain, se donnait un nouveau titre : «président du conseil pour le développement et la paix de l’état». C’est pas mal, c’est un peux comme se mettre à appeler «Twix» un «Bifi», ça demande un effort intellectuel du même ordre que celui dont il faut faire preuve face au tableau de Magritte : «ceci n’est pas une pipe». Parce que devant les images de Than Shwe, petit homme un peu gras en uniforme militaire tellement surchargé de médailles qu’il ressemble au show room d’un marchand de décorations pour anniversaire, on peut difficilement se dire autre chose que «ceci est un dictateur»
Than Shwe à les même caractéristique que tous les autres dictateurs. Comme tous les dictateurs, il a des manies étranges, il est fasciné par l’astrologie, il est persuadé que le chiffre «11» lui porte bonheur et il n’hésite pas à déménager la capitale de son pays au beau milieu de la jungle pour s’enterrer dans un palais bunker de plus de cent pièces. Comme tous les dictateurs, il a, en matière de décoration d’intérieur, ce qu’il convient d’appeler des gouts de chiottes de nouveau riche. Dans le film du mariage de sa fille qui circule depuis quelques temps sur Youtube, le décor fait un peu EuroDisney, du marbre et des dorures, c’est kitch, c’est cher et c’est triste à pleurer. Mais le plus inquiétant, c’est que comme tous les dictateur, par la crainte qu’il inspire, par la conscience très claire du cynisme du monde occidental, par la disparition définitive des scrupules passé un certains niveau de revenu, il sait qu’il ne risque rien à condition de jouer le jeux de la géostratégie. Les moines pourront bien mourir en prison, les opposants pourront bien disparaitre, la population pourra bien être décimée par des cyclones, tant que les gazoduc resterons sains et sauf, on lui laissera une paix... Royale.
Le groupe pétrolier Total, accablé par un rapport de la Fédération Internationale des Droits de l’homme pour le projet Yadana, a promit trois hélicoptères et deux millions de dollars pour aider les victimes de la catastrophes. C’est plutôt gentil. Mais quand on sait que sur les chantiers de Total, le travail forcé est de rigueur depuis 1996, on se dit que deux millions de dollars, soit un peu plus d’un millions trois cent milles euros, ce n’est pas grand choses comme salaire en retard pour des centaine d’ouvrier. Quand on sait que le groupe à fait, l’an dernier, un bénéfice de plus de douze milliards d’euros, ça relativise la générosité. Et quand on sait que Christophe de Margerie, le nouveau grand patron du groupe, par ailleurs mit en examen pour l’affaire «pétrole contre nourriture», s’est octroyé un salaire de deux millions six cent mille euros plus l’équivalent en stock options, ça écœure tout simplement.
Et puis ça ne laisse aucun espoir pour les Birmans.
Ils vont mourir, et ce sera en silence.
5/17/2008
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5 commentaires:
En plus d'être bien écrit, c'est "criant" de vérité !
Bravo !
C'est vrai qu'on en est arrivé là et qu'on a même pas vu venir...
Le plus dur c'est pas la chute c'est l'atterissage et avec la droite décomplexée on est pas près de voir les choses s'arranger
Bien écrit ?
On peut aimer le style mais pour l'orthographe, monsieur Gunzig, faites un petit effort, on n'est pas à la radio :-)
Si vous n'aimez pas l'orthographe, fermez les yeux et écoutez le silence ;-)
Curieusement, vous visualiserez mieux!
Eric
J'aime pas les gens qui lisent que des moitié de choses.
Sieur Gunzig a déjà précisé sa dyslexie binaire en orthographieuse écriture.
(Hé oui, c'est n'importe quoi).
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