5/30/2009

La Semaine Infernale 21-3-09

L’autre jour,
j’étais comme une andouille dans les embouteillages du matin...
Dans ma petite bagnoles toute pourrie et toute crasseuse...
Dans ma petite bagnole qui fait tellement plein de bruit bizarre que je me demande parfois si une famille d’opossom ne s’est pas installé dans le moteur...
J’étais là tout seul, à écouter VanCauwenbergh : « à me dire putain mais quel con ce type»,
j’étais là à chercher dans mon nez et à faire des boulettes que je collais sous le volant.
Bref, j’étais là à ne penser à rien quand soudain, dans le courant des voitures qui venaient en face, je vois une blonde...
J’adore les blonde...
Une blonde genre la trentaine sportive, les cheveux bien tiré en arrière avec une queue de cheval blonde, des lunettes de soleil en diadème, un petit côté barbie, un petit côté équipe suisse de Curling.
J’adore les queue de cheval, j’adore les lunettes de soleil en diadème, j’adore les barbie, j’adore le curling et j’adore la suisse...
Un petit côté avenue Louise, un petit côté qui est pressé, genre qui bosse dans un cabinet d’avocat mais qui passe dix huit heure par semaine à faire du Power Plate au David Lloyde Drève de Loraine...
Un petit côté à porter des botte d’équitation et une jupe mi cuisse...
Alala...
Et cette blonde,
Elle devait sentir bon cette blonde,
elle devait sentir le shampoing aux extrait d’agave, la crème de jour au principe actif de sperme de loutre...
Pas de point noir, l’épiderme aussi immaculé que de la neige frâiche...
Et cette blonde,
Cette blonode
elle roulait en Ranch..
Gris Métal
Cette longue blonde dans une grosse Ranch...
C’était...
C’était de toute beautée...
M’en fout du CO, m’en fout des écolos, m’en fout du développement durable,
Je me doute bien qu’avec son sèche cheveux semi professionnel, sa piscine chauffée et tous les spot de douze milles wattes qui l’éclaire quand elle rentre dans villa treize façade de Lasne et que très lentement elle fait glisser la soie de ses dessous Chantelles sur sa peau de lait en fredonnant la sonate en si bémole majeur Andante Expressivo de Felix Mendelshon sur sa chaine Bang et Olufsen,
je me doute bien que son emprunte écologique doit être assez proche de celle de l’USS Entreprise...
Je m’en fout...
Cette rencontre n’a durée qu’une fraction seconde, mais elle m’a fait réfléchir...
Moi dans bagnole pleine de crotte de nez, de sucette à moitié sucée collant sur le réhausseur, de miettes de Cent Wafers et de berlingot de cecemel fossilisé sous les tapis de sol
Et elle,
Ma blonde en Ranche
avec son tout petit cul délicatement posé sur la sellerie couleur «écorce de saul» de sa toute grosse Ranch dont la taxe de mise en circulation doit valoir le prix de mon appartement...
Je me suis dit que peut être elle et moi nous étions à deux époques différentes :
Elle, un peu golden sixities héritière d’un temps sans crise où avec un diplôme de designe en décalcomanie vous trouviez un boulot, vous aviez une carrière, vous pouviez faire des emprunts sur trente ans, partir au ski, faire vos course chez Rob, louer un appartement à la côte, faire un week end découverte des château de la loir, vous offrir en institut une épilation maillot bien en V et vous achetez une Ranch...
Avec une Omnium
Et moi...
Avec ma Toyota
Avec mes crotte de nez,
dans une une rue bouchée
A écouter Van Cauwenbergh me parler des valeurs de la gauche et dire «Charlerois à besoin de leader»…
Le genre de phrase qui me fait le même effet qu’une injection de glycérine par voie rectale.…
Et moi total XXI ième siècle : coincé, tout sale et niqué...
Cette blonde,
outre le fait qu’elle avait réveillé en moi le désir profond de laisser Van Cauwenberg parler tout seul, de sortir de ma voiture, me mettre à courir derrière sa Ranch, d’arracher sa portière gris métal avec les dents et de...
Et de heuu...
Ca c’est tout moi... Je ne sais jamais bien quoi faire une fois que j’ai arraché la portière avec les dents...
Enfin bref, avec cette blonde, pour la première fois de ma vie, je me suis dit cette phrase que je m’étais juré de ne jamais dire :
«C’était mieux avant»
Il faut le reconnaître, Avec cette blonde en Ranche, je suis devenu un vieux con.
Je suis fichu Véronique.